Articles et rapports

14 juin 2007 :
Galileo : des partenariats public-privé (PPP) ?

Paru dans Le Nouvel Economiste du 14 juin 2007.

Question : A la lumière de l’échec du financement (initial) de Galileo, des partenariats publics-privés européens sont ils possibles ?

Réponse : Il n’y a pas d’échec du PPP européen en général. Des infrastructures comme le pont sur le Tage et l’aéroport d’Athènes sont construites et exploitées dans un montage de PPP. Les PPP progressent pour les Grands réseaux de transports européens comme le tunnel du Brenner austro-italien. Pour Galileo, c’est l’échec d’un montage de PPP particulier. D’ailleurs la Commission ne renonce pas à au PPP, elle modifie le montage initial en tirant les leçons de cet échec. On peut comparer Galileo à un pont à péage. L’infrastructure correspond aux 30 satellites, elle coûte 3 milliards d’€ ; le trafic correspond à des prestations de services de positionnement ou de suivi … pouvant générer jusqu’à 450 milliards d’€ de recettes annuelles en 2025. Le montage initial de PPP prévoyait une participation publique dans l’infrastructure limitée au tiers, et une présence du privé dans l’exploitation. Ce qui pose problème, c’est la participation du privé dans l’infrastructure. Faute de perspectives de recettes suffisantes, elle n’était qu’apparente et exigeait de fortes garanties publiques. Autant financer l’infrastructure à 100% sur fonds publics comme le propose aujourd’hui le commissaire Barrot. L’incertitude sur les recettes a des causes profondes puisque, si l’on reprend l’image du pont à péage, il faut en construire un à côté du pont gratuit américain, sachant que deux autres ponts gratuits russe et chinois sont en vue ; et sans pouvoir bénéficier comme les américains, les russes et les chinois d’un client sûr comme l’Armée… Le nouveau montage doit permettre de sortir de la paralysie due au consortium privé EuroGNSS. Il réunissait huit entreprises aux intérêts trop divergents : désaccords entre constructeurs de satellites et exploitants d’une part, désaccords entre constructeurs de satellites adossés chacun à des politiques spatiales nationales obnubilées par l’exigence de « juste retour », d’autre part.

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