Articles et rapports

9 mai 2007 :
Une volonté de changement

Edito paru dans Interface n°27 du 9 mai 2007.

Dans une campagne électorale passionnée, les Français ont montré tout l’intérêt qu’ils portent à la politique, ainsi que les potentiels démocratiques de notre société (y compris avec la chute de Le Pen).

Le vote en faveur de N. Sarkozy est un vote d’adhésion pour un projet cohérent de changement en France, conduit avec une grande détermination. La gauche n’a pas réussi à lui faire échec en mobilisant la peur, elle est profondément divisée et son propre projet n’était pas formé. Le nouveau Président a pleinement conscience de sa responsabilité, et il veut être jugé sur des résultats. Pour la gauche et le centre, le défi de la rénovation et de la recomposition est déjà posé.

Le soir de son élection, N. Sarkozy a tenu un discours de rassemblement. Soulignant les efforts de travail et d’initiative nécessaires, il s’est adressé aux laissés pour compte et aux exclus, disant que chacun sera accompagné dans une perspective de formation et d’emploi. Marier cette conception de la solidarité à une nouvelle dynamique de progrès économique : voilà l’enjeu.

Le nouveau président s’est aussi largement exprimé sur l’ouverture internationale de la France. Le vote lui donne toute légitimité dès maintenant pour négocier avec les autres membres de l’Union un Traité institutionnel simplifié, qui ne fera pas l’objet d’un nouveau referendum national. Dès avant le vote, il a su dire aux Français que la page de la Constitution est derrière nous, dès lors que la France a dit majoritairement non. Confrontations Europe soutient cette démarche modeste et réaliste qui répond aussi au besoin d’un résultat communautaire unanime.

Cela étant, la relance de l’Europe ne peut reposer seulement sur un cadre institutionnel amélioré, elle appelle des progrès concrets sur sa position et son rôle dans la mondialisation. Nos partenaires doivent s’attendre à des positions fermes de la France pour la défense et la promotion de l’industrie comme pour la préférence communautaire. Confrontations Europe souhaite que le « patriotisme économique » soit accompagné ou dépassé chaque fois que c’est possible par des initiatives ambitieuses en faveur d’une plus grande intégration européenne : achèvement du marché unique et politiques communes pour l’énergie, l’éducation, et pour des secteurs stratégiques. C’est pourquoi nous proposons un objectif politique fédérateur : la préparation d’un nouvel Acte Unique pour un développement durable et partagé.

Même si l’Europe et le monde ont été peu présents dans la campagne, je ne pense donc pas qu’on puisse parler de « repli national ». L’appel à une nouvelle fierté nationale ira de pair avec une présence active à l’extérieur.

La revue Esprit s’est interrogée : « Quels sont les ressorts historiques de cette nation sans projet ? ». En fait N. Sarkozy a conquis la majorité sur les bases d’un projet, même si celui-ci demeure incertain sur de nombreux points, dont la capacité de rassembler en pratique. Les ressorts de la nation ne pourront agir qu’au prix d’une profonde réforme de l’Etat et de nouvelles responsabilités pour la société civile ; tandis que l’émulation et la tension constructive entre des forces politiques en recomposition nous feraient sortir de la guérilla gauche-droite. Pour sa part, Confrontations Europe se mobilisera pour que la France se réinvestisse très activement dans la construction de l’Europe.

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