Interventions Publiques

31 mars 2007 :
Lire à Limoges - Maison de l’Europe en Limousin

Un exposé qui repose sur un engagement et une expérience de bientôt 20 ans. Style direct, franc et j’espère, provoquant.

LA CRISE DE L’EUROPE N’AURA PAS LIEU

1 - L’apport historique de la Communauté européenne pour nous-mêmes et pour un monde meilleur doit être compris et préservé • La chute de la civilisation européenne au XXème siècle et la renaissance après-guerre. Kant et Hugo. Jaspers et Schumann.

• Paix et réconciliation + prospérité : une référence et un exemple dans le monde entier. Le succès des élargissements et la réunification historique de 2004.

• La visée initiale d’une Union politique n’a pu être réalisée : la France en porte une responsabilité. La culture ancienne de la souveraineté nationale prédomine encore.

• L’Union fait face à de nouveaux défis extrêmement complexes, elle est au milieu du gué, elle est vulnérable.

Face aux défis du XXIème siècle

• Révolution informationnelle et mondialisation : une croissance planétaire mais des conflits potentiels graves. Climat, ressources naturelles, pauvreté.

 > Il faut bâtir un développement mondial soutenable et partagé.

• Notre modèle social en question : démographie, équité, emploi et productivité.

 > Il faut le renouveler, pas simplement le protéger.

• Le rôle de l’Europe : nous aider à nous transformer / contribuer à une nouvelle organisation du monde.

 > Impossible si les citoyens ne participent pas à cette construction. Or en France terrible délégation des pouvoirs et Europe bouc émissaire.

2 - Où en est l’Europe ? Ni catastrophisme, ni complaisance : une tâche à assumer

• De grands chantiers viennent d’être engagés.

Il ne faut pas déplorer « la crise » quand on ne s’est pas investis et quand on y contribue. Or la tentation du repli est évidente (cf. « l’identité nationale » célébrée dans la semaine européenne du 25 mars).

• Face aux nouveaux défis, l’Union doit impérativement être consolidée. Où sont les problèmes ?
  L’économie ? Apports et insuffisances du marché unique et de la monnaie unique.
  L’élargissement ? Les nouveaux pays membres et les « grands ».
  Les institutions. Deux handicaps : le manque de politiques communes ; la non coopération des Etats et la non participation des citoyens.

• L’approche constitutionnelle n’est pas mûre.

 > L’ambition fédéraliste demeure vivace mais il n’y a pas de Constitution (fondation d’un corps social et politique sans projet (l’autorité du futur).

 > Chaque peuple cherche sa voie face aux défis actuels : et malgré les efforts de l’UE, il n’y a pas de perspective commune.

  Ainsi : Lisbonne est une grande initiative mais non aboutie ni partagée. Cf. les controverses Göteborg et Europe sociale. Cf. la voie intergouvernementale qui paralyse.

  De même de beaux efforts inaboutis : Kyoto + Energie. Transport propre. Galileo (industrie de l’information).

  La politique commerciale : Difficultés dans le choix du multilatéralisme et tentations du libéralisme.

-> De grandes divergences au sujet de nouveaux élargissements.

-> La présidence allemande va proposer une feuille de route. Les antagonismes sont profonds. La France ne sait pas ce qu’elle veut. Il n’y aura pas de renégociation et de Constitution, mais un progrès du fonctionnement des institutions est possible. Sinon c’est la crise politique. Modestie et écoute des autres sont indispensables, en particulier côté français.

3 - Un nouvel Acte Unique pour relancer l’Europe

Une relance de l’Europe en 3 étapes.

1 . Un Traité institutionnel.

  Hypothèses sur la feuille de route : contenus (noter les interrogations sur la Charte des droits fondamentaux) et mode de ratification.

  La question du référendum national : soit un vote de confiance intérieur, soit un droit de veto. L’éthique commande : un référendum européen, quand c’est nécessaire. Une consultation des peuples en tout cas.

  Comment parler aux Français, que peut-elle apporter à l’Union ? Lancer la proposition d’une deuxième étape.

2 . Un Acte Unique de coopération et de participation.

  Des projets structurants : développement durable (énergie) ; société de la connaissance et mobilisation des capacités humaines (éducation et emploi) ; achèvement du marché intérieur (avec biens publics).

  La méthode et les outils institutionnels.

  Réflexions complémentaires et critiques sur l’Europe sociale et la coordination des politiques nationales.

  Complément aussi sur la question de l’eurozone et l’illusion des « deux cercles ».

  L’accueil positif de notre proposition. Cela étant, bien mesurer les obstacles. Appel à soutien : rien n’est possible si échec de la première étape. Rien n’est possible sans prise de conscience du mouvement social et civique.

3 . L’Union politique

  Explorer positivement la perspective d’une grande Europe.

  La reprise du chantier de la Constitution.

 > Une perspective faisant appel à un progrès d’éthique et d’engagement

• Quelle est notre vision pour l’Europe ?

  Un choix de société : former des hommes et une société capables de construire un développement durable et un monde fraternel. Un triple défi : une révolution informationnelle, industrielle et culturelle.

  Une économie européenne bâtie pour un développement partagé : dépassement du patriotisme économique, compétition et coopération. Vers un capitalisme partenarial européen (la question financière et l’entreprise).

  Une nouvelle conception de la démocratie. L’Union comme démocratie plurinationale fondée sur la participation.

• Le problème français.

• Faire société : altérité et responsabilité. Le bonheur du voyage.

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