Philippe Herzog est économiste et homme politique.

Né en 1940 à Bruay-en-Artois (Pas de Calais), il fait ses études secondaires au Lycée Henri Poincaré à Nancy et ses classes préparatoires aux grandes écoles aux Lycée Saint-Louis à Paris. Il est élève de l’école Polytechnique (promotion 1959), de l’ENSAE (1962-64), docteur en sciences économiques (1966) et agrégé des Universités (1968).

Il débute sa vie professionnelle en 1964 comme administrateur à l’INSEE (1964). Il est rédacteur en chef des comptes de la nation en 1966 et chargé des budgets économiques auprès de Michel Rocard au ministère des Finances. Il crée avec son collègue Gaston Olive le premier modèle français de prévision économique (Zogol). Son premier livre, "Prévisions économiques et comptabilité nationale" (PUF, 1968) retrace cette période de recherche et d’innovation dans le contexte de la planification française.

Il devient professeur d’Université en janvier 1969, et enseigne à Clermont-Ferrand, Vincennes et Amiens ; puis à Paris-X Nanterre de 1973 à 2003. Il adhère au PCF où il est élu au Comité central (1972) puis au Bureau politique (1979). Il dirige la section économique du PCF de 1979 à 1994 et la revue Economie et Politique. Marxiste et keynésien, il est un des principaux auteurs du Programme Commun de la Gauche. La section économique est un foyer de recherche qui, notamment avec l’apport du théoricien Paul Boccara, analyse la crise du capitalisme monopoliste d’Etat dès 1971. Elle formule des propositions de politique économique et de régulation des marchés, et fait appel à la participation des salariés dans les entreprises avec de nouveaux critères de gestion.

Membre de la Commission nationale de planification de 1982 à 1988 et du Conseil économique et social de 1984 à 1989, il publie notamment "L’économie à bras le corps" (1982, 1984) et "La France peut se ressaisir" en 1987 (Editions Sociales). Dans les entreprises et dans les régions, il intervient dans les processus de restructurations avec des propositions alternatives et préconise des réformes de structures.

Favorable à l’eurocommunisme, il prend position pour la Communauté européenne, et invite à la construire autrement. Il est tête de liste du PCF aux élections européennes de 1989. Son désaccord avec ce parti s’aggravant, il le quitte en 1996.

Député européen de 1989 à 1999, puis de 2000 à 2004 (groupe de la Gauche Unitaire Européenne), il a été président de la commission des Relations économiques extérieures, vice-président de la commission économique et monétaire, et vice-président de la Délégation Europe/Etats-Unis. Ses rapports les plus importants ont porté sur "la participation des citoyens et des acteurs sociaux au système institutionnel", sur "les services d’intérêt général". Il investit tous les dossiers industriels, financiers, et relatifs au commerce extérieur. En 1998, le ministre français des Affaires européennes lui confie une mission sur la construction des relations sociales européennes après l’euro. De 1997 à 2008, il est membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre.

Sa recherche sur la crise de la démocratie représentative et l’invention d’une démocratie participative se traduit par des publications comme « La société au pouvoir » (Julliard, 1994) et "Reconstruire un pouvoir politique - gouverner en partenaires" (La Découverte, 1997). Ses chroniques au Figaro dans la rubrique Economie (1999-2005) ont été très appréciées. Puis ce sont des livres sur la construction européenne, notamment "L’Europe après l’Europe" (De Boeck, 2002), "Le bonheur du voyage" (Le Manuscrit, 2006), "Une tâche infinie - fragments d’un projet politique européen" (DDB/Le Rocher, 2010), « Europe, réveille-toi ! » (Le Manuscrit, 2013).

En décembre 1991, il a fondé l’association Confrontations aux côtés de Michel Rocard, Jean Peyrelevade, J.-C. Le Duigou et J.-P. Brard, et en a pris la présidence. Pluraliste et indépendante, c’est un réseau d’acteurs d’entreprises et de collectivités, publics et privés, qui partagent leurs analyses, leurs expériences, et élaborent des positions en commun pour les réformes en France et en Europe. L’association réunit des hommes et des femmes de sensibilités et expériences diverses, par-delà les oui et les non au Traité de Maastricht. Devenue Confrontations Europe, elle propose de « former société en Europe ». Elle s’investit pour la réconciliation dans les Balkans, elle fait un tour d’Europe dans le contexte du projet de Constitution. Etablie à Paris et à Bruxelles, elle a des correspondants dans de nombreux pays. Sous l’impulsion de Claude Fischer, présidente de 2009 à 2014, elle est pleinement devenue un foyer d’initiatives estimé et reconnu, très actif dans les institutions européennes. Interface entre la société civile, les entreprises et l’Europe, l’association contribue à former des acteurs européens et à forger une nouvelle perspective pour l’Union. Philippe Herzog et Claude Fischer ont été directeurs de la publication "Confrontations Europe la Revue". L’un et l’autre sont aujourd’hui président honoraires de Confrontations Europe.

Lorsque la crise a éclaté en 2008, l’association s’est particulièrement engagée dans trois chantiers prioritaires : l’emploi et la formation, la stratégie industrielle, et l’investissement de long terme. Elle développe ses partenariats avec Astrid en Italie, Bertelsmann en Allemagne. Elle crée un groupe Crise et mobilise ses dix autres groupes de travail.

En janvier 2007 Philippe Herzog a proposé un « Nouvel Acte unique » pour faire du marché européen le socle d’une nouvelle croissance. Une proposition qui a séduit, de sorte que, de 2009 à 2014, il est conseiller spécial auprès de Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services. Outre la conception de l’ « Acte pour le marché unique », il propose une stratégie industrielle fondée sur la coopération. Aux côtés du Club des investisseurs de long terme et dans ses fonctions de conseiller spécial, il intervient sur les enjeux du financement de l’économie et contribue à la rédaction du Livre vert de la Commission en 2013. Il rédige une « Contribution pour une stratégie européenne de l’investissement » et anime les « Assises du long terme » en décembre 2014, saluée par les participants comme une contribution exceptionnelle dans cette perspective.

Parmi ses nombreuses collaborations, Philippe Herzog a été notamment membre de la commission Pébereau sur la dette publique, du Conseil d’orientation stratégique de la RATP, du Conseil d’administration de l’Institut pour l’éducation financière du public, dont il a été le premier président en 2006, et du Club Vauban animé par Antoine Veil. Président honoraire de Confrontations Europe, il est aussi membre du Conseil d’administration de l’association Recherches Mimétiques qui prolonge les travaux de René Girard, et il participe aux travaux du Collège des Bernardins.

Philippe Herzog est décoré des Palmes académiques, de l’Ordre National du Mérite et de la Légion d’Honneur.