D'une révolution à l'autre. Mémoires

 

 

Extraits des commentaires

 

Michel Aglietta : "Le livre de Philippe Herzog a pour sous-titre Mémoires. Il illustre, en effet, une longue carrière professionnelle dédiée à l'engagement politique. Mais il est bien plus qu'un bilan. Il nous invite à une réflexion théorique et politique stimulante sur le devenir possible de la construction européenne à une époque de ruptures dans l'histoire mondiale".

Jean-Pierre Brard : "Au terme de la lecture de l'ouvrage de Philippe Herzog qui amène du carburant à la réflexion nécessaire et tellement inexistante pour construire notre avenir, la conviction s'impose pour ceux qui ne la partageraient pas qu'est fausse et dangereuse l'idée "on ne peut pas faire autrement". On pouvait faire autrement, on peut faire autrement... Précisément, la biographie de Philippe Herzog, son parcours atypique l'ont conduit à développer une réflexion originale sur l'Europe, dans l'esprit d'Erasme, de Victor Hugo et Jaurès, de l'humanisme desquels il est un continuateur". 

Monique Castillo : "La doctrine de Philippe Herzog est originale en ce qu'elle dénie à la fois à l'Etat et au marché la compétence du savoir faire société, dès lors que l'inclination souverainiste de l'Etat étouffe la vitalité sociale tandis que les fragmentations et oscillations du marché sont la source d'inégalités toujours nouvelles. A sa manière, Philippe Herzog pratique une sorte d'humanisme économique. On songe à la conception qu'Hannah Arendt donne du pouvoir quand elle refuse de l'identifier à l'exercice de la domination des uns sur les autres pour le rapprocher des pratiques concertantes d'un agir-ensemble... L'Europe doit montrer le chemin par son ouverture aux autres peuples, sa capacité de se décentrer, de se pluraliser. Car tel est le sens le plus profond de la flexibilité dont le monde a besoin, tant sur le plan économique que sur le plan culturel, et que Philippe Herzog associe à une éthique de l'altérité, seule fondatrice d'une civilisation planétaire possible. L'ouvrage se termine par ce message, dans la forme d'un appel à ce qu'Hannah Arendt appelait la responsabilité du monde".

Laurent Daniel : "Philippe Herzog présente dans son livre la fantastique aventure humaine qu'est Confrontations Europe qui en a fait un think tank unique au monde tourné vers l'humain tout en étant résolument en faveur d'une Europe productive et industrielle... Philippe Herzog est aussi là où je ne l'attendais pas, car ses Mémoires évoquent aussi l'actualité la plus récente. Il procède à une des analyses les plus pertinentes des débuts de la présidence d'Emmanuel Macron et que je vous laisse découvrir dans son livre."

Henri de Castries : "Il faut être capables de nous réinventer en retournant à l’essentiel : quelles sont les aspirations fondamentales que nous devons satisfaire si nous voulons préserver et faire prospérer notre modèle de société démocratique et ouverte ?... Il faut imaginer des solutions nouvelles. Nos Etats-nations traditionnels ne peuvent apporter seuls ces réponses. La démonstration de Philippe Herzog est très convaincante. Relancer l'Europe, imaginer un nouveau mode de développement, renforcer la cohésion de son action face aux blocs et aux menaces qui l'entourent, voilà ce qu'est aujourd'hui notre défi."

Marcel Grignard : Réinventer la démocratie ne suffira pas à surmonter la tension qui s’accentue entre « souveraineté européenne » et « volonté d’autodétermination ». Comme tu le dis très bien les inégalités (multiples et croissantes), l’incapacité à faire vivre des solidarités effectives sont des causes profondes et ce sont elles dont se nourrissent les leaders populistes. 

Gilles Grin (Lausanne) : "J'ai eu un plaisir fou à lire vos Mémoires. C'est un ouvrage qui m'a marqué. J'en ressors plus riche intellectuellement... Le livre se caractérise par une structure impeccable, une belle écriture et un texte amplement documenté... Voilà un ouvrage complètement actuel, qui éclaire le présent et se tourne vers l'avenir. Un grand humanisme se dégage de ses analyses et réflexions, le résultat qu'il nous livre est lumineux. Etant donné qu'il n'est pas réaliste d'envisager pour le moment la création d'un Etat fédéral sur le continent européen, l'auteur développe la thèse postulant qu'il est à la fois possible et nécessaire de bâtir une Union politique différenciée. Sa philosophie de l'action se situe dans l'esprit des pères fondateurs."

Olivier Guersent : "Philippe s'intéresse à tout, il éclaire chaque domaine des sciences sociales, il approfondit, critique et ne tient jamais rien pour acquis. Progressivement le lecteur voit s'ouvrir un chemin. Un chemin exigeant, un chemin difficile, mais un chemin réaliste et porteur d'espoir... Ainsi éclairé, on voit alors les cercles concentriques des analyses institutionnelles traditionnelles se déformer sous nos yeux en patatoïdes à géométrie variable en fonction des domaines de biens communs que les peuples accepteront de partager. Il n'y a plus de coeur ni de périphérie, plus d'opposition entre technocratie et démocratie non plus. Les partages de souveraineté sont consentis au cas par cas, on peut être partie à une Europe de la défense intégrée sans être membre de la zone euro et vice-versa. On retrouve le temps long qui permet de bâtir les solidarités et de faire société... L'oeuvre de Philippe Herzog est riche et abondante, mais jamais mieux que dans ce livre il ne nous a donné à voir ce qui distingue sa pensée et lui donne une place unique."

Antoine Guggenheim : "Ce livre discute avec son lecteur et témoigne devant lui. Il l'interpelle et lui propose, avec un coeur intelligent, ce qu'on peut appeler une philosophie d'engagement... Le mot-clé que je retiens : la "participation", comme méthode et comme but. Le concept a une longue histoire métaphysique et politique, de Platon et Charles de Gaulle... "Le mensonge du libéralisme a été de dispenser l'individu d'une éthique de responsabilité et de partage", rappelle avec sévérité Philippe Herzog, en visant plus encore le néolibéralisme des années 1980 que celui du XIXème siècle. Car la participation et le partage demandent et opèrent une "révolution de l'esprit et de l'organisation" qui est devant nous. 

Alain Lamassoure : Le grand mérite de Philippe Herzog et de son ouvrage, c'est d'agrandir la focale et de replacer le problème européen au niveau où il doit être. A la fois dans l'espace, de l'élargir dans l'espace. Et dans le temps long, le passé, l'avenir, le XXIe siècle.

Francis Mer : "Toute ma vie, j'ai cultivé une utopie : la participation de chacun aux choix collectifs et à leur gestion dans une société livre et ouverte au monde. 

Est juste celui qui accomplit son labeur jusqu'au soir, qui a cru en un monde meilleur, en l'efficacité du bien, celui qui ne s'est pas retiré de la tension dans laquelle vit le responsable, le seul qui mérite peut-être le mieux le nom de révolutionnaire.

Ces deux phrases, qui ouvrent et ferment ces Mémoires, résument à merveille l'engagement d'une vie "d'une révolution à l'autre", celle de Philippe Herzog et de sa compagne Claude Fischer, que j'ai eu le privilège d'approcher en convictions et en amitié."

Bernard Snoy (Louvain-la-Neuve) : "Chaque mois paraissent de nouveaux livres pour analyser la crise grave que traverse l'Union européenne et proposer des remèdes. Les Mémoires de Philippe Herzog tranchent sur ces ouvrages, non seulement par leur caractère d'optimisme volontariste mais par l'importance donnée à la composante culturelle, imaginaire et émotive du projet européen, jugée essentielle pour rassembler les citoyens et les peuples européens, pour "former société en Europe" et construire la "société civile européenne", sans laquelle l'Union européenne manquera toujours d'assises démocratiques. 

Pour lancer un processus de refondation de l'Union européenne, Philippe Herzog a en vue un système hybride beaucoup plus attentif à la diversité des nations et beaucoup plus assis sur l'initiative des acteurs économiques, sociaux, culturels pro-européens, qui sont trop peu sollicités aujourd'hui alors qu'ils sont le vivier et l'espoir d'un renouveau... Parti du marxisme, l'itinéraire de Philippe Herzog rejoint à bien des égards celui des maîtres à penser du personnalisme et de la démocratie chrétienne." 

 Bientôt la totalité des articles-commentaires

(dans une brochure des "Cahiers Europe 21") 

 

Interventions et médias 

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France Inter (José Manuel Lamarque)

https://www.franceinter.fr/emissions/chroniques-littorales/chroniques-littorales-21-septembre-2018

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Journée dédicace ASPCE

 

21

Namur : JESC

 

25

La Nouvelle République (Anna Irjud)

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/philippe-herzog-militant-europeen

 

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1er

Radio Notre Dame (Hugo Billard)

https://radionotredame.net/emissions/planisphere/06-10-2018/

2

RCF Matinale (Stéphanie Gallet)

https://rcf.fr/la-matinale/pour-philippe-herzog-il-faut-retrouver-la-civilisation-europeenne

4

Présentation du livre aux Entretiens Eurafricains, Bureau du Parlement européen (Paris)

 

5

Kernews (Yannick Urrien)

http://www.kernews.com/philippe-herzog-en-france-la-social-democratie-na-jamais-reussi-a-exister/7583/

8

Groupe X-Sursaut avec Laurent Daniel et Constance Le Grip

 

9

Conférence-débat avec Henri de Castries à AXA

Enregistrement disponible

10

Géostratégies 2000

 

13

Salon du livre de Chaville

 

16

Confrontations-Europe avec Alain Lamassoure (Bruxelles)

Enregistrement disponible

26

RTBF – Le Grand Oral

https://www.rtbf.be/auvio/detail_le-grand-oral-de-philippe-herzog?id=2414970

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Maison de l’Europe (Paris)

 

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Fondation Jean Monnet International, Librairie Payot (Lausanne)

 

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Assises du long terme, Confrontations-Europe

 

15

Maison de l’Europe (Nîmes)

 

20

Déjeuner entreprises avec Emmanuel Forest (Bruxelles)

 

22

Ecole de Commerce de Lyon

 

24

Salon du livre de Versailles

 

29

Bureau du Parlement européen avec Jacques Maire (Confrontations-Europe)

 

30

« Vivre l’Europe » avec Serge Laborderie (Saint-Alban) et dédicace au Cultura de Fenouillet (Toulouse)

 

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3

Ligue européenne de coopération économique et Confrontations-Europe, dialogue avec Michel Barnier et Olivier Guersent (Bruxelles)

 

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Comprendre avec Paul Rigny (Orsay)

 

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Mouvement européen (Le Touquet)

 

 

Philippe Herzog, l'enthousiasme européen,

article paru dans La Nouvelle République le 13 octobre 2018

 

Du Parti communiste à l’Europe, Philippe Herzog décline cinquante ans de vie publique et politique dans un livre de mémoires. Avec la passion et l’enthousiasme d’un jeune homme de 78 ans.

 

"Je revendique d’être un intello qui va au charbon". La voix est aussi douce que le propos décidé et réfléchi. Cinquante ans consacrés à la vie politique et un itinéraire qui peut dérouter : Philippe Herzog ne renie aucune étape de son parcours et remonte le fil du temps avec D’une Révolution à l’autre (éditions du Rocher).

Un livre de mémoire(s) : « La rédaction du livre m’a apaisé. Je n’ai aucune amertume, mais sans doute avais-je besoin d’expliquer les fondements de mon itinéraire politique. » Le sourire qui accompagne le constat est réjoui. Comme l’homme qui, sous les costumes de professeur d’université et d’acteur politique, peut aussi se révéler malicieux. Il faut dire que ce grand cinéphile a été pendant plus de vingt ans membre du Parti communiste avant d’en claquer la porte et de suivre son idéal européen à Strasbourg et à Bruxelles.

"D'une révolution à l'autre"

C’est non loin du palais du Luxembourg, où siègent les sénateurs, que Philippe Herzog a fixé le rendez-vous. Comme un pied de nez aux sphères du pouvoir républicain au sein desquelles il a passé tant d’années. Comme acteur. Comme observateur aussi. Et redoutable analyste à la pensée étayée par une érudition remarquable.

Mais ce brillant intellectuel pour qui l’Europe restera sans doute comme son ultime combat, sait aussi raconter, expliquer. Se confier même. D’une Révolution à l’autre, d’une lecture parfois ardue pour le néophyte, est un livre où les souvenirs se déclinent entre économie, politique, philosophie et histoire.
« J’ai eu la chance d’être un ouvrier. Je ne suis pas issu d’une bulle élitiste. » Sa mère a grandi dans le Pas-de-Calais avec les Houillères comme univers. Son père est un immigré croate. Ingénieur en Lorraine. Et inventeur d’aciers spéciaux.

 

Je n’aime pas le mot "populisme" parce je ne veux pas stigmatiser des populations qui souffrent

 

Enfant de la sidérurgie, Philippe Herzog partira à Paris à l’âge de 17 ans. Il sera polytechnicien et agrégé d’économie. « J’ai vécu la désindustrialisation qui a été un traumatisme national. J’ai vu et partagé les souffrances de plusieurs amis en Lorraine qui ont subi ce drame de la fermeture des usines et du chômage. J’ai vu les espoirs suscités par de vaines promesses et le dur retour à la réalité d’une France profonde qui s’est retrouvée perdue. Vous savez, j’ai des amis qui ont voté FN. Je ne peux pas leur en vouloir, même si je ne peux pas être d’accord avec ce choix. » Il l’affirme haut et fort : « Je n’aime pas le mot “ populisme ” parce je ne veux pas stigmatiser des populations qui souffrent. »
"Je déteste la radicalité"Cet homme-là cultive la fidélité à ses origines, ses convictions, ses engagements, ses idéaux. Selon Philippe Herzog, la classe politique n’anticipe pas le désastre économique et industriel des années soixante-dix qui suivent les années prospères d’après-guerre. « Les énarques ont pris le pouvoir et la parole des scientifiques n’est plus entendue. C’est dans ce contexte que j’entre au Parti communiste, mû par un désir de cogestion entre travailleurs et politiques. Dès mon arrivée, je suis un “ réformateur ”. »

Plus qu’utopiste, Philippe Herzog veut participer à l’évolution de la société. De l’intérieur. Pas sûr qu’il y soit arrivé… Il quitte le PCF en 1996, plusieurs années après avoir compris qu’il n’y avait pas sa place ! « Je déteste la radicalité », lance-t-il, non comme une provocation, mais plutôt comme une explication.

« La démocratie devrait être une sorte de communauté politique où chacun pourrait s’exprimer. Mais aujourd’hui, la démocratie est sclérosée. Les citoyens ont délégué les décisions à des élus qui n’agissent plus dans l’intérêt général. Ce qui a entraîné une vraie désaffection des Français pour la politique. » Pour l’analyste politique, il n’y a plus de droite ou de gauche. Ne reste « qu’un théâtre au jeu de pouvoirs. »
Mais il fait aussi son autocritique : « Ma génération a failli en ce sens qu’elle n’a pas su faire muter la société, le système. »

Avec le "premier de cordée", Macron a commis, selon moi, une grosse faute de communication et d’image
 

L’économiste rêve d’une France qui « développe des projets et qui accepte de se réformer. » Et le philosophe émet plusieurs recommandations : décentraliser les organes de décision, mettre en œuvre une rotation des élites (il préconise la suppression de l’Ena), redonner du sens et du contenu à l’éducation et donner à tous les citoyens l’accès à l’information. Son constat est sévère pour la France d’aujourd’hui. « “ Premier de cordée ” : Macron a commis, selon moi, une grosse faute de communication et d’image. »

Pourtant, il l’a écrit : il a eu de l’espoir avec l’émergence des Marcheurs. « Mais c’est vite devenu un parti présidentiel. Emmanuel Macron aurait dû prendre le temps de labourer son terrain en allant voir les gens, mais il a été trop pressé et a bénéficié d’une envie de “ dégagisme ” typiquement française. Il a lancé de bonnes choses sur l’éducation, la formation professionnelle, la réforme du marché du travail, le souci de faire prévaloir l’inclusion des gens plutôt que procéder par assistance. Mais il n’a pas de stratégie industrielle, il ne réforme pas l’État et ne fait pas appel aux forces vives. En plus, il donne des leçons. »
"Les Européens doivent construire ensemble"Alors, il reste l’Europe pour nourrir son optimisme. « Il lui faut un projet fédérateur axé sur la refondation de la communauté avec la création d’une communauté politique dans une recherche du bien commun. Les Européens doivent construire ensemble pour exister face à la superpuissante Chine et aux États-Unis. C’est leur intérêt vital. J’ai besoin que l’Europe devienne une puissance publique qui pourra nouer des collaborations, créer des échanges et qu’elle parle d’une seule voix. »

La méthode Herzog tient en quatre points. Un agenda européen avec des priorités claires. Un projet politique global avec une stratégie économique et industrielle commune aux pays européens. Une défense-sécurité pour protéger. Une solidarité à la place de la concurrence pour créer une prospérité commune qui englobe l’éducation, les transports, la cohésion du travail.

« Dans l’immédiat, il faut faire attention à l’aggravation du chaos européen, dans un paysage fragmenté sans solution d’envergure. Le Brexit en est une illustration. Il faut en tirer les leçons. »

Intarissable : la (re) construction européenne, les engagements moraux et spirituels, l’environnement, les enjeux de l’intelligence artificielle… Autant de sujets qui captivent un jeune homme de 78 ans qui n’a rien perdu de son enthousiasme, ni de son envie de changer le monde pour le bien-être des hommes, et qui rebondit d’une idée à l’autre en ne perdant jamais le fil de sa pensée. Philippe Herzog est un constructeur, un bâtisseur humaniste. « J’adore la contradiction parce que je cherche le meilleur. »

« D’une Révolution à l’autre » de Philippe Herzog est publié aux éditions du Rocher.

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/philippe-herzog-militant-europeen